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Un dossier n’est pas refusé parce qu’il est mauvais. Le plus souvent, il n’est pas refusé du tout : il n’est jamais instruit. L’analyste ouvre le dossier, constate qu’une pièce manque, le repose, et passe au suivant. Ce qui suit est la liste de ce qu’il cherche en premier.
1. Les états financiers des trois derniers exercices
Trois exercices, pas un. Un seul exercice ne montre ni tendance ni saisonnalité. S’ils sont certifiés, c’est un accélérateur considérable ; s’ils ne le sont pas, il faut le dire d’emblée plutôt que de le laisser découvrir.
2. Une situation comptable récente
Entre le dernier exercice clos et aujourd’hui, l’entreprise a vécu. Une situation intermédiaire, même non auditée, évite au financeur de raisonner sur des chiffres périmés.
3. Un prévisionnel chiffré, et ses hypothèses
Le prévisionnel compte moins que les hypothèses qui le portent. Un financeur expérimenté ne lit pas le résultat : il lit le taux de croissance retenu, le délai de paiement supposé, le prix de vente projeté. Ce sont ces trois nombres qu’il contestera.
4. Le détail de l’endettement existant
Encours, échéanciers, garanties déjà données, retards éventuels. Un financeur découvre toujours la dette cachée — mieux vaut qu’il la découvre par vous.
5. Les justificatifs juridiques
Statuts à jour, immatriculation, répartition du capital, procès-verbaux des décisions importantes. Une opération peut s’arrêter sur une ligne de capital mal documentée.
6. Le chiffrage précis du besoin
« Nous cherchons un financement » n’est pas une demande. Combien, pour financer quoi exactement, sur quelle durée, et remboursé par quels flux : c’est la première question posée, et elle appelle quatre réponses.
7. L’identification des contreparties
Principaux clients, principaux fournisseurs, concentration éventuelle. Une entreprise dont la moitié du chiffre d’affaires repose sur un client unique n’est pas écartée pour autant — mais ne pas le signaler ruine la confiance.
Ce que cette liste signifie vraiment
Aucun de ces documents ne valorise le projet. Ils rendent seulement possible son instruction. C’est la raison pour laquelle nous les réunissons pendant la phase de cadrage, avant toute présentation à un financeur : un dossier incomplet consomme une première impression qui ne se rejoue pas.