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Lexique du financement

Les trente termes qui reviennent dans un dossier de financement, définis sans jargon. Chacun est expliqué par ce qu’il change concrètement pour une entreprise, pas par sa définition de manuel.

Un dossier de financement a son vocabulaire. Mal compris, il fait accepter des engagements qu’on n’aurait pas signés. Voici les termes que vous rencontrerez, expliqués par ce qu’ils changent pour vous.

Amortissement

Répartition comptable du coût d’un bien sur sa durée d’utilisation. Il ne sort pas de trésorerie, mais il réduit le résultat imposable — raison pour laquelle une entreprise peut afficher une perte comptable tout en encaissant de l’argent.

Besoin en fonds de roulement (BFR)

L’argent immobilisé entre le moment où vous payez vos fournisseurs et celui où vos clients vous règlent. Il grandit avec l’activité : une croissance rapide consomme de la trésorerie avant d’en produire. C’est le besoin le plus souvent mal diagnostiqué.

Business plan

Le document qui explique ce que l’entreprise fait, pour qui, et comment elle gagne de l’argent. Un financeur en lit surtout les hypothèses : croissance retenue, prix de vente, délais de paiement.

Cautionnement

Engagement d’un tiers — dirigeant, société mère, organisme spécialisé — à payer si l’emprunteur ne paie pas. Une caution personnelle engage le patrimoine privé du dirigeant : c’est la clause à lire deux fois.

Closing

Le moment où l’opération se conclut : actes signés, conditions levées, fonds débloqués. Tant qu’il n’a pas eu lieu, un accord de principe n’est pas un financement.

Covenant

Engagement contractuel pris envers un prêteur : maintenir un ratio, ne pas s’endetter au-delà d’un seuil, ne pas distribuer de dividendes. Un covenant rompu peut rendre la dette exigible immédiatement.

Data room

L’espace, aujourd’hui numérique, où sont réunis tous les documents que le financeur examinera. Sa qualité se voit immédiatement : une data room désordonnée allonge l’instruction et fait douter du reste.

Délégation de créances

Mécanisme par lequel le paiement d’un client est dirigé vers la banque qui a financé le marché. C’est souvent la garantie la plus simple à constituer quand un contrat est signé.

Dette senior

La dette remboursée en priorité en cas de difficulté. Moins risquée pour le prêteur, donc moins chère pour l’entreprise, mais plus exigeante en garanties.

Dette subordonnée

Dette remboursée après les autres. Plus risquée, donc plus chère, mais un banquier la regarde presque comme des fonds propres : elle renforce la structure financière.

Due diligence

L’examen approfondi mené par un financeur avant de s’engager : comptable, juridique, fiscal, parfois social et environnemental. Les mauvaises surprises y coûtent plus cher que les faiblesses annoncées d’avance.

Échéancier

Le calendrier de remboursement. Un échéancier calé sur la saisonnalité réelle de l’activité évite les impasses de trésorerie que crée un remboursement constant sur une activité qui ne l’est pas.

Excédent brut d’exploitation (EBE)

Ce que l’activité dégage avant amortissements, frais financiers et impôt. C’est l’indicateur que regarde un prêteur pour juger la capacité à rembourser, davantage que le résultat net.

Fonds de roulement

Les ressources durables qui restent disponibles une fois les investissements financés. S’il est inférieur au besoin en fonds de roulement, l’entreprise vit sur sa trésorerie — et finit par manquer.

Fonds propres

L’argent apporté par les associés, augmenté des bénéfices conservés. Ils ne se remboursent pas : ils se rémunèrent par la valeur de l’entreprise. C’est le coussin que regarde tout financeur avant de prêter.

Garantie

Ce qui permet au prêteur de se faire payer si l’emprunteur ne paie pas : sûreté sur un bien, caution, délégation, mécanisme de garantie partielle. Une garantie se construit avec la structure du financement, elle ne se trouve pas après coup.

Hypothèque

Sûreté portant sur un bien immobilier, inscrite au registre foncier. Lourde à constituer et à lever, elle reste la garantie la plus solide aux yeux d’un prêteur.

Lettre de mandat

Le document qui fixe ce que le conseil doit faire, sur quel périmètre, et selon quelle rémunération. Sans mandat écrit, personne ne devrait présenter votre dossier à un financeur.

Levée de fonds

Opération par laquelle une entreprise obtient des ressources auprès de financeurs extérieurs, en dette, en fonds propres ou en combinaison des deux. Elle se conduit comme un projet, avec un calendrier et un responsable.

Mémorandum d’information

Le document complet remis au financeur sérieusement intéressé : activité, marché, comptes, projections, structure de l’opération. Il succède au teaser, une fois l’accord de confidentialité signé.

Nantissement

Sûreté portant sur un bien meuble : matériel, stock, parts sociales, fonds de commerce. C’est la garantie naturelle d’un financement d’équipement — le bien financé garantit le prêt qui le finance.

Obligation convertible

Dette qui peut être transformée en parts de l’entreprise selon des conditions fixées d’avance. Elle retarde la question de la valorisation, ce qui arrange les deux parties quand elles ne s’accordent pas encore dessus.

OHADA

Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires, dont la Guinée est membre. Son référentiel comptable, le SYSCOHADA, fixe la forme des états financiers qu’un financeur attend.

Plan de trésorerie

Le tableau des encaissements et décaissements, mois par mois. C’est le seul document qui dit à quelle date l’argent manquera — et donc quand il faut l’avoir obtenu.

Quasi-fonds propres

Ressources situées entre la dette et le capital : compte courant d’associé bloqué, obligation convertible, dette subordonnée. Elles renforcent la structure financière sans diluer immédiatement les associés.

Ratio d’endettement

Rapport entre les dettes financières et les fonds propres. Au-delà d’un certain seuil, un prêteur considère que le risque n’est plus partagé équitablement et s’arrête, quel que soit le projet.

Roadshow

La phase de présentation du dossier aux financeurs, menée en parallèle plutôt qu’un par un. Approcher plusieurs interlocuteurs en même temps crée la seule tension utile à la négociation.

Seuil de rentabilité

Le niveau d’activité à partir duquel l’entreprise couvre ses charges. Un financeur le compare au chiffre d’affaires réel : la marge entre les deux mesure la résistance à un ralentissement.

Table de capitalisation

Le tableau de qui détient quoi dans l’entreprise, avant et après l’opération envisagée. Un investisseur le réclame tôt : une répartition mal documentée arrête une signature.

Teaser

Document court et anonyme présentant l’opportunité sans révéler l’identité de l’entreprise. Il sert à mesurer l’intérêt d’un financeur avant de lui ouvrir les comptes.

Term sheet

Le document qui fixe les conditions principales avant la rédaction des actes : montant, prix, garanties, gouvernance, calendrier. Il n’est pas définitif, mais ce qu’on y accepte se renégocie rarement ensuite.

Valorisation

L’estimation de ce que vaut l’entreprise, par ses résultats, ses actifs ou la comparaison avec des transactions similaires. Elle détermine la part cédée pour un montant donné : c’est le point le plus discuté d’une entrée au capital.